Des bouchons récurrents et importants» redoutés pour les frontaliers français
LUXEMBOURG – La France a annoncé, jeudi, six mois de contrôles temporaires à ses frontières face aux risques de sécurité liés à l’immigration illégale. Le syndicat LCGB n’a pas tardé à réagir.
La France a annoncé jeudi, à l’Union européenne, qu’elle procéderait comme l’Allemagne à des contrôles à ses frontières à partir du 1ᵉʳ novembre, et jusqu’en avril 2025. Une décision qui n’a pas tardé à faire réagir au Grand-Duché, notamment le syndicat LCGB qui appelle vendredi le gouvernement à «agir d’urgence pour des frontières ouvertes avec nos pays voisins».
Motivée par des «menaces graves» sur la sécurité intérieure, en relation avec le terrorisme, le trafic illicite ou encore l’immigration irrégulière, la décision française, comme l’allemande, va «léser surtout les 176 000 frontaliers français et allemands qui traversent chaque jour la frontière pour venir travailler au Grand-Duché», estime le LCGB.
La «pression populiste» des voisins du Luxembourg
Le syndicat dit avoir reçu «de nombreuses réclamations de frontaliers» allemands concernés depuis le 16 septembre par ces contrôles entre leur pays et le Luxembourg, qui ont créé «des bouchons récurrents et importants». De fait, ajoute le communiqué publié vendredi, «les contrôles à la frontière française risquent également d’impacter considérablement les temps de trajet des 123 000 frontaliers français, ainsi que toutes les routes en direction de la France, déjà régulièrement embouteillées sans contrôles aux frontières».
Parce que ce serait même, «par ricochet», l’économie luxembourgeoise qui serait impactée, le LCGB s’adresse au Premier ministre Luc Frieden, au ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel, et au ministre de l’Intérieur, Léon Gloden, pour «intervenir immédiatement auprès de la Commission européenne et des autorités nationales française et allemande pour défendre les frontières ouvertes (…) telles que prévues par l’accord de Schengen».
Et le communiqué syndical de dénoncer la «pression populiste» des voisins du Luxembourg, «nocive pour le travail transfrontalier et l’économie luxembourgeoise qui est pourtant en quête de relance». Il y a quelques jours, la police fédérale allemande avait indiqué qu’en trois semaines de contrôles routiers, 539 personnes avaient été refoulées aux frontières, à l’ouest du pays.
Source : L’essentiel
Auteur : Nicolas Chauty
Publié le 18/10/2024